Le PSAC change la vie de OUATTARA SEYDOU, Producteur d’ Anacarde à Katiola

148
Ouattara Seydou s'estime heureux d'avoir fait confiance au PSAC

13 septembre 2017 (lepaysan.ci) La soixantaine révolue, OUATTARA Seydou est polygame, marié à trois épouses et père de 22 enfants. Natif de Foro-foro, village situé à 14 km de Katiola, dans la Région du Hambol, Seydou est propriétaire de 15 ha d’anacarde repartis en deux blocs. Une parcelle de 6 ha et une autre de 9 ha.

Chaque matin, c’est le sourire aux lèvres que Seydou sort de sa chambre, muni de sa machette et de sa paire de bottes. Assis à la terrasse, il enfile ses bottes tout en prenant les nouvelles de chaque membre de sa famille.

Puis, il se dirige vers la cuisine pour donner des instructions à ses épouses, avant de prendre le chemin du champ, situé à quelques encablures du village.

Avant les années 2014, c’est à l’aide d’une vieille bicyclette que Seydou se rendait au champ. Suscitant souvent la pitié de son entourage. A cette époque, à l’instar de la plupart des habitants du village, le champ de Seydou était comparable à une forêt dense impénétrable. Les troncs d’anacardiers repartis de manière disproportionnée sur toute la superficie de sa parcelle arpentaient de longues branches trainant au sol.il était quasi impossible d’y circuler et même faire les récoltes.

Jusqu’en 2014, les 15 ha de Seydou ne produisaient qu’à peine 8 tonnes de noix de cajou, soit environ 0,5 tonne à l’ha, avec un revenu moyen par récolte estimé à seulement 2 400 000 f cfa (6000 dollars).

En 2015, intervient le Projet d’appui au Secteur Agricole en Côte d’Ivoire (PSAC). Dans le cadre de l’amélioration de la productivité de l’anacarde, le PSAC a introduit, les formations aux bonnes pratiques agricoles.

Seydou et plusieurs membres de la communauté se sont résolus à participer à la formation.

Première mesure, l’élagage des branches et de certains troncs en vue d’aérer le champ et lui permettre de produire plus.

Toute la communauté s’était dressée contre cette mesure qui selon des avis recueillis, était plutôt préjudiciable et porté à réduire leurs productions.

Seul un homme, OUATTARA Seydou, contre la volonté de ses épouses et de sa progéniture xxx, s’est engagé à mettre en œuvre, les techniques d’amélioration de la productivité issues de la formation, et toute sa parcelle de 15 ha a été progressivement élaguée.

Un an plus tard, en 2015, sa production est passée de 8 à 16 tonnes. Aujourd’hui, les 15 ha de Seydou produisent en moyenne 25 tonnes, du simple au triple. Avec la montée du prix d’achat de cette spéculation, sa production lui rapporte 12 500 000 f cfa (31 250 dollars).

L’appui du PSAC a révolutionné la vie de Seydou, qui fait aujourd’hui la fierté de sa communauté. Se déplaçant initialement à bicyclette, c’est aujourd’hui à bord d’un véhicule 4×4, acheté par ses soins, que Seydou se rend au champ.

Aujourd’hui, Seydou a les moyens de scolariser ses enfants dont 4 sont étudiants à l’Université d’Abidjan. En 2016, Seydou envoie son dernier bachelier poursuivre ses études en Inde, où il paye 2 000 000 cfa par an.

Sa fortune, il n’en jouit pas seul. Seydou a décidé à se mettre au service de sa communauté. Véritable agent de développement, il a construit et mis à la disposition de Foro-foro, son village natal, un bâtiment abritant les bureaux des Agents des Eaux et Forêt en poste à Foro-foro, puis deux logements aux enseignants du village.

Dans les années à venir, Seydou veut s’offrir une villa Duplex, dans sa cour actuelle.
A Foro-foro, Seydou fait la fierté de tous. Ses enfants, les habitants du village. Son courage, sa volonté à mettre en œuvre la formation aux bonnes pratiques agricoles, l’accroissement de sa production et de sa fortune. L’amélioration de son niveau de vie, son engagement au développement du village… Seydou est devenu un modèle pour sa communauté.

Vu le succès qu’il connait, tous les producteurs d’anacarde, initialement réfractaires aux Bonnes pratiques agricoles, ont accepté de procéder à l’élagage de leurs plantations et suivre les autres dispositions destinées à améliorer la quantité mais aussi la qualité de leurs productions.

Source: PSAC