Orsot Léonie, pionnière et leader des productrices de café-cacao de l’Agneby-Mé

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Orsot Sonah Léonie, déléguée régionale des femmes productrices de Café-Cacao de l’Agneby-la Mé

11 novembre 2017 (lepaysan.ci) Avec une exploitation agricole couvrant une superficie de 7 ha dont 5 ha pour le cacao qui lui a d’ailleurs valu cinq tonnes de récolte au cours de la campagne 2016-2017, Mme Orsot Sonah Léonie, la cinquantaine révolue, est actuellement la déléguée régionale des femmes productrices de café-cacao de l’Agneby- La Mé, au niveau de la Fédération nationale des femmes productrices de café-cacao de Côte d’Ivoire.

Partie de rien, cette dame célibataire, native d’Offa, village situé à une quinzaine de km d’Agboville, gagne aujourd’hui sa vie grâce à ses plantations de cacao (5ha), d’hévéa (3 ha), de teck (2ha) et de cola (1/2 ha).

En 2013, elle figurait parmi les 20 productrices de cacao primées au niveau national par la 1ère dame, Dominique Ouattara. D’où, son appel en direction de ses « sœurs » à faire comme elle. Car la terre, dit-elle, ‘’ne ment point et ne trahit pas celui qui la cultive’’.

Mais les choses n’ont pas été aussi simples pour celle qui est devenue aujourd’hui un modèle en ce qui concerne les femmes qui ont choisi l’agriculture pour s’assumer et s’affirmer. Car outre sa fille, adulte, elle a en charge huit enfants de ses frères décédés.

Force est de reconnaître donc le parcours atypique de cette dame de petite taille (1,51 m) mais forte par le caractère et la ténacité à vouloir réussir tous ses projets. Ainsi, loin de la filière café-cacao, elle s’était d’abord orientée vers le métier de la couture après avoir quitté l’école dès la classe de 6ème pour un problème de santé. Elle va donc exercer ce métier pendant trois ans à Abidjan, principalement à Abobo (Abidjan Nord) où elle s’était installée.

Après Abobo, elle reviendra dans l’Agnéby-Tiassa, précisément à Rubino où elle s’attellera au commerce de vente de toutes sortes de jus : ‘’bissap, gnamakoudji, passion, tomidji, de l’eau glacée’’ ,etc. Cette activité qui lui permettait de subvenir à ses besoins connaîtra un coup d’arrêt brutal avec la maladie de son grand-frère. Toute chose qui, selon elle, l’obligera à regagner son village natal d’Offa pour s’occuper de sa mère.

C’est en s’occupant de sa mère suite au décès de son grand frère que l’idée lui vînt de se lancer dans la culture de cacao à partir de 2003. C’est ainsi qu’elle a pu réaliser ses plantations et se frayer un chemin dans le milieu très masculin de la filière café-cacao.

Membre à part entière de la Société coopérative ivoirienne de négoce des produits agricoles (SCINPA), elle est également présidente du champ école mixte du village d’Offa, présidente des femmes productrices de café-cacao de la coopérative SCINPA et présidente de l’Association ‘’M’Becom’’ (si je savais), des femmes du secteur vivrier d’Offa avant d’être en 2016 la déléguée régionale des femmes productrices de café-cacao de l’Agneby- La Mé.

Outre son implication dans la lutte contre le travail des enfants dans les plantations, elle envisage la création d’une ferme de volailles typiquement africaines.