Ghana : l’Autorité de promotion des exportations souhaite l’imposition d’une taxe sur les exportations de noix de cajou brutes

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14 juin 2017 (lepaysan.ci) L’Autorité ghanéenne de promotion des exportations (GEPA) plaide pour l’instauration d’une taxe sur les exportations de noix de cajou brutes afin d’encourager la transformation locale à plus forte valeur ajoutée.

« Nous estimons que l’exportation de noix brutes ne génère pas assez de recettes. De plus, les devises étrangères générées ne contribuent pas à renforcer le cedi [devise du Ghana, Ndlr]», a indiqué Gifty Klenam, directrice générale de l’institution au Business & Financial Times. « Conformément à la feuille de route du gouvernement pour le segment des exportations, nous envisageons de discuter avec le ministère compétent pour surtaxer les exportations de noix.», ajoute-t-elle.

Si cette mesure venait à être appliquée, le Ghana rejoindrait, dans cette logique, d’autres pays producteurs comme la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Mozambique.

Ce faisant, cette restriction devrait permettre de réduire les volumes exportables et donner un second souffle aux acteurs de la transformation de la noix actuellement à la peine comme Usibras Ghana Ltd, leader ouest-africain de la transformation d’anacarde.

Ayant implanté une usine dotée d’une capacité de 35 000 tonnes en novembre 2015, la compagnie a dû se tourner, au cours de l’exercice 2016, vers la Guinée-Bissau pour acquérir 5 000 tonnes de noix de cajou brutes en raison d’une pénurie sur le marché local.

Par ailleurs, l’imposition de ce prélèvement serait un début de solution à la contrebande de l’anacarde qui s’est développée avec le voisin ivoirien, à un rythme inquiétant, ces dernières années.

Stimulé, entre autres, par l’absence de tarif à l’exportation du côté ghanéen (contre 95 fcfa pour le kilogramme en Côte d’Ivoire), le trafic illicite conduit chaque année à un afflux de noix de cajou vers le Ghana pour réexportation.

Ce dernier pays qui ne produit annuellement que 70 000 tonnes de noix de cajou par an, bien loin derrière le voisin ivoirien (650 000 tonnes), a ainsi expédié l’année dernière 163 000 tonnes de noix, pour des recettes de 244,5 millions $.

Source : agenceecofin.com

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