Erosion des sols en Afrique : 11 pays du continent ont participé à un atelier sur le renforcement des capacités à Abidjan

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Photo de famille marquant la fin de l'atelier sur l'érosion des sols en Afrique

17 décembre 206 Un atelier de renforcement des capacités régionales pour l’évaluation de l’érosion des sols et l’efficacité des stratégies agricoles de conservation des sols en utilisant les isotopes radioactifs de retombé dénommé projet RAF/5/075 a été organisé par le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) conjointement avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) ,du 12 au 16 décembre 2016 à Abidjan.

En effet, l’érosion des sols en Afrique cause des problèmes importants  tels que la dégradation des sols, la diminution de la productivité des sols, destruction des infrastructures… Ce phénomène est fortement accentué par les activités humaines, notamment le surpâturage, la surexploitation de la couverture végétale et l’utilisation des pratiques agricoles inappropriées. Les taux d’érosion des sols en Afrique sont élevés : en moyenne de 30 à 50 t/ha/an et pourraient atteindre jusqu’à 100-200 t/ha/an dans certains pays, en menaçant la sécurité alimentaire.

L’un des objectifs du projet RAF/5/075 est donc de renforcer les capacités des pays africains à évaluer l’érosion des sols et l’efficacité des techniques actuelles de conservation des sols en utilisant les isotopes FRN. « Cette étude est la bienvenue car elle a permis de renforcer les capacités de nos chercheurs afin de maitriser la technique pour mesurer l’intensité de l’érosion. Par ailleurs, ce projet permets aussi de sensibiliser les paysans à planter désormais en utilisant des plans de couverture qui vont freiner cette érosion, et des techniques culturales adéquates  » a souligné Dr Zakra Nicodème, Directeur de la Recherche Scientifique et de l’Appui au Développement au CNRA puis a indiqué sa satisfaction de voir ce projet se poursuivre à une deuxième phase « Après le renforcement des capacités et l’acquisition d’un certain nombres de matériels de mesure, cette deuxième phase permettra d’aller véritablement sur le terrain pour expérimenter cela avec les paysans afin que les conseils soient soutenus par des chiffres »

Onze pays africains dont l’Algérie, le Bénin, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, le Madagascar, le Maroc, Sénégal, le Soudan, le Tunisie, l’Ouganda et le Zimbabwe ont participé à cet important projet qui selon Dr Ben Mansour du Maroc est bénéfique aux pays africains et au monde entier. « En Afrique, Il existe un gros problème d’érosion et de dégradation de sols, il faudrait donc apporter aux différents gouvernements et aux utilisateurs finaux des informations précises afin de prendre des mesures nécessaires… Grâce aux techniques nucléaires, on peut apporter des informations rapides. Ce sont des techniques qui sont complémentaires aux techniques classiques. Il faut souligner que ces techniques nucléaires utilisées seront des radioéléments qui existent déjà dans la nature. Elles permettent également d’évaluer les performances des méthodes de conservation de sols. » a indiqué le représentant du Maroc.

Notons qu’à la fin de l’atelier une base de données régionales sur les méthodes de conservation de sols pratiquées dans les différents pays participants a été mise en place afin de servir de modèle pour les autres pays africains et non-africains.

D.S (lepaysan.ci)

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