Consommer les produits de la boutique paysanne, c’est manger sain et naturel (Mme Kouassi Flore Lago, PCA Boutique paysanne)

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Mme Kouassi Flore Lago, PCA de la boutique paysanne

11 mai 2017 (lepaysan.ci) Innovation majeure dans le monde agricole ivoirien, la boutique paysanne était l’attraction majeure du pavillon de la Côte d’Ivoire  lors de la 54ème édition du Salon International de Paris (SIA) qui s’est tenue du 25 février au 5 mars 2017 , pour vous l’équipe de www.lepaysan.ci a rencontré Mme KOUASSI Flore Lago, Directeur des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) à la Chambre Nationale d’Agriculture de Côte d’Ivoire et Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Boutique Paysanne. (1ère partie)

1) Qu’est ce que vous a motivé à créer une boutique paysanne en Côte d’Ivoire ?

KOUASSI Flore Lago : Avant tout propos, j’aimerais remercier l’équipe de www.lepaysan.ci pour votre expertise en matière de diffusion d’informations agricoles. Vous mettez en lumière toutes les actions que nous réalisons sur le terrain pour le bonheur de nos braves producteurs et le développement de notre agriculture qui comme tout le monde le sait, est le pilier de notre économie.

La boutique paysanne est un concept qui est né d’un constat. En effet, en Côte d’Ivoire, il existe un problème d’écoulement de nos produits transformés. Nous savons aussi que la vision du Chef de l’Etat SEM Alassane OUATTARA est d’arriver à transformer au moins 50% de nos matières premières. Cependant les 5 ou 10% des produits transformés localement dans notre pays ne sont pas connus des Ivoiriens. C’est ainsi qu’à l’image de certains pays notamment la France et l’appui de notre premier responsable M. Sindou BAMBA, Président de la Chambre Nationale d’Agriculture de Côte d’Ivoire, nous avons décidé de mettre à la disposition des acteurs, un espace qui leur permettrait de valoriser, de faire la promotion et distribuer tous les produits issus de la transformation.

C’est également un espace qui est totalement géré par les acteurs eux-mêmes, ils en sont d’ailleurs les fournisseurs. Tous les produits proviennent de nos petites unités de transformation et des sociétés coopératives agricoles qui exercent dans la transformation.

2) Pouvons-nous savoir comment se comporte la toute première boutique ouverte à Yopougon ?

KOUASSI Flore Lago : Avant tout, il faut savoir que la boutique paysanne est une société coopérative avec conseil d’administration. C’est donc ensemble que  nous avons décidé d’ouvrir une boutique-pilote dans la commune de Yopougon pour jauger la réaction des Ivoiriens face aux différents produits et face à ce nouveau concept car  sans consommateur il n’y a pas de boutique.

C’est ainsi que le 4 août 2016, nous avons lancé le concept en miniature pour avoir une idée des contraintes surtout en termes d’approvisionnement avant d’envisager une action d’envergure nationale et internationale. Cela nous a permis au bout de quelques mois de savoir que la demande était forte, le besoin existait réellement et que l’Ivoirien est fier aujourd’hui de consommer les produits transformés localement parce que c’est sain, naturel et respecte toutes les normes contrairement à ce qu’on pouvait penser dans la passé.

En juste quatre mois d’exercice, nous avons eu un chiffre d’affaires de quatre (4) millions. Malgré que cette boutique soit située au fin fond d’un marché à Yopougon (Niangon Sud, non loin du terminus 27), une commune populaire, les produits se sont très bien comportés. Le mode d’accès au produit a contribué au succès de nos ventes. On peut s’en procurer par appels téléphoniques, e-mails, certains clients venaient même de très loin pour venir découvrir la boutique paysanne et faire leurs achats.

Par ailleurs, en plus de nos clients, la boutique paysanne a suscité la curiosité de certains partenaires financiers et au développement notamment l’ambassade de France qui a bien voulu se déplacer jusqu’à Yopougon pour voir l’effectivité des choses et constater tout l’énorme travail qu’abat le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural Sangafowa Mamadou Coulbaly en matière de transformation qui s’est matérialisé par la mise en place de la boutique paysanne.

3) Vu les différents modes d’accès aux produits, peut-on dire que la boutique paysanne est faite pour les bourgeois ?

KOUASSI Flore Lago : La boutique paysanne se positionne comme l’espace qui fait par excellence la promotion des produits agricoles issus de la transformation. Par ailleurs, elle constitue également un espace de rencontres et d’échanges entre les acteurs du domaine agricole (planteurs, transformateurs…), elle est donc ouverte à toutes les bourses. Que ce soit la classe basse, intermédiaire ou bourgeoise. Pour preuve, la boutique pilote a été ouverte dans un marché à Yopougon, une commune populaire où toutes les classes que j’ai citée plus haut vivent en parfaite harmonie. Je peux donc vous garantir que la boutique paysanne est accessible à tout le monde.

Ce qu’il faut retenir, c’est la qualité des produits que nous exposons surtout au niveau de l’emballage qui impressionne plus nos clients. 

4) Comment sont fixés les prix des produits à la boutique paysanne ?

KOUASSI Flore Lago : Nous fonctionnons en mode dépôt-vente. Souffrez que je ne puisse pas dévoiler notre stratégie de fixation de prix car c’est ce qui nous confère le titre d’initiateur, c’est véritablement la clé de notre réussite. Retenez que les prix sont fixés en commun accord avec les différents transformateurs. Vous transformez  et venez déposer le produit à la boutique paysanne et ensemble nous nous chargeons de fixer le prix.

Je profite pour vous informer qu’en plus des produits alimentaires, vous pouvez trouver à la boutique paysanne, le cosmétique, le textile et tout ce qui est en liaison avec la foresterie.

Il est important de savoir aussi que déposer son produit à la boutique paysanne c’est rompre avec les intermédiaires.

 

D.S (www.lepaysan.ci)

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